14.02.2008
Le mystère du Goubet
Goubet al-Kharâb signifie "le gouffre des démons". Au fond de ce site, on remarque tout de suite les 2 îles du diable. Que ces nom sont inquiétants pour un environnement qui nous paraît guère hostile!
Cela peut s'expliquer grâce à la géologie. En effet, ce lieu est à lui seul le témoin des nombreuses activités volcaniques dont est sujet le pays. On imagine fort bien la terreur qui a pu régner lors des éruptions, ou même, tout simplement, lors des tremblements de terre.
Selon une légende, qui a surement trouvée ses fondements dans l'explication ci-dessus, il y avait à l'emplacement du Goubet une "grande montagne couronnée de feu", qui depuis, à été envahie par les eaux.
Autre explication qui probablement renforce la première, de forts courants marins sévissent en ce lieu. En effet, la localisation du goubet est particulière : il se situe tout au fond du golf d'Aden. Il peut y avoir des creux de 4m lors des fortes marées.
Ainsi, la légende dit que les démons qui hantent cet endroit attirent les pêcheurs vers les abîmes.
On comprend donc pourquoi ce lieu est affublé de tels noms si peu rassurants.
Cependant, il y a un mystère qui continue de perdurer... que cache véritablement les eaux profondes de Goubet?
En fait, si personne "ne s'est fait tirer par les pieds" vers les profondeurs, personne ne rejette non plus la possibilité qu'il existe, à cet endroit, des spécimens de la faune sous-marine d'une taille particulièrement imposante.
La légende (ou rumeur!) dit que, dans les années 80, le commandant Cousteau serait venu avec son équipe et aurait fait une découverte terrible qui remettrait en cause l'état de nos connaissances actuelles sur la faune aquatique. Il aurait donc choisi de se taire et de ne révéler ce qu'il a filmé qu'à sa mort.
Selon plusieurs témoignages, il aurait immergé une cage, servant pour se protéger des requins, contenant une carcasse de dromadaire. La prison de fer en serait ressortie entièrement broyée!
Mais voilà, le commandant est mort et aucune révélation n'a été faite...
Alors, si monstre il y a, de quel type est-il?
Un énorme requin blanc? un animal préhistorique? une pieuvre géante?
Jean-Jacques Barloy, docteur en zoologie, dit lors de l'émission "sciences au naturel" diffusée le 5 octobre 1987 sur France-Inter :
"Le monstre de Djibouti vivrait dans le Koubé, qui est une sorte de petite mer intérieure aux eaux noires et bordées de falaises verticales. Le monstre y serait entré autrefois et ne pourrait plus en ressortir (soit parce qu'il a grandi, soit parce que les courants l'empêchent de partir). Cette créature ressemblerait à une gigantesque raie. Tous les ans aurait lieu une cérémomie organisée par des habitants du lieu qui considéreraient la bête comme un dieu de la mer. Ils descendent dans les eaux noires du Koubé un chameau vivant, dans une cage, en guise d'offrande. Trente secondes après, ils remontent la cage mais celle-ci ainsi que le camélidé ont disparu. Il y a eu entre-temps quelques remous pour témoigner du drame".
Jacques-Yves Cousteau a t'il véritablement observé et filmé "la bête"?
Cette rumeur a été démentie par l'interessé et par le patron de la calypso en 1987.
Il est probable que les militaires français en poste à Djibouti soient à l'origine de cette rumeur, fondée sur la présence réelle de raies mantas dans le Goubet, donnant ainsi naissance à une légende aussi tenace qu'apparemment infondée.
Alors, il n'y a aucun animal fabuleux qui nage dans les eaux profondes du Goubet? surement...mais comme disait le commandant lui-même :
"Mes amis, je crois que la mer nous réserve encore bien des surprises..."
11.02.2008
Le lac Assal, sortie du 28 janvier 2008
Cette sortie était doublement excitante pour nous : nous allions enfin découvrir un lieu qui nous attirait fortement et nous prenions, pour la première fois en excursion, notre voiture! (enfin réparée)
Nous sommes partis le matin vers 9h. Tout était parfait et la voiture ne semblait pas souffrir des quelques incommodités de la route.
Notre premier arrêt fut pour observer les dromadaires. En effet, nous étions accompagnés de Régis, de Véro et de Marius 3 ans. Pourquoi ne pas faire une petite photo du jeune homme en si belle compagnie? Ce n'était sans compter sur les propriétaires des animaux!
"oui, mais c'est 5000!"
Vingt euros pour une photo? hors de question!
Deuxième arrêt : Nous avons laissé la voiture pour admirer le Goubet et la vue qui s'offrait à nous. Nous dominions toute la vallée. Nous en avons profité pour acheter quelques objets sculptés par les hommes des environs, dans une sorte de pierre ponce.
Troisième arrêt : les sources d'eau chaude. Malgré la chaleur environnante, nous pouvons apercevoir de la vapeur brulante au dessus de l'eau. Ce qui est étonnant, c'est que la vie a su s'adapter à cet environnement parfaitement hostile. Dans cette eau sulfureuse, on peut voir des algues et des poissons de plusieurs sortes.
Quatrième arrêt : le lac Assal. On ne nous avait effectivement pas menti : ce paysage est vraiment magnifique. Nous avons l'impression d'être au pôle Nord quand nous marchons sur la banquise de sel ; il n'y a que la chaleur qui nous rappelle que non, ce n'est pas possible, nous n'y sommes pas... et celle-ci est vraiment étouffante! Rien d'étonnant quand on sait que cet endroit fait parti des plus chauds de la planète!
Ce site se situe à -157m au-dessous de la mer, le point le plus bas du continent africain. Ce vaste réservoir reste alimenté par l'eau de mer via des galeries souterraines, ce qui permet qu'il ne soit pas complètement asséché. En effet, cela permet de compenser l'évaporation qui est très importante. Mais c'est aussi grâce à ce dernier phénomène qu'une croute de sel résistante s'est formée tout le long des bords du lac.
Nous ne pouvions pas repartir avant d'avoir fait quelques brasses dans l'eau. Du fait de sa salinité extrêmement élevée, nous nous sommes laissés flotter. C'est d'ailleurs une sensation très étrange: Nous aurions pu lire un document sans le mouiller ou quasiment s'asseoir. En outre, il est impossible de se mouiller la tête tellement la quantité de sel est importante : rapidement, tout le corps brûle!
Nous sommes donc vite sortis nous rincer à l'eau douce.
Avant de repartir, nous avons acheté quelques souvenirs et distribué des rations repas aux vendeurs du coin. Ils étaient si contents qu'ils nous ont offert des cadeaux de tous genres : sel cristallisé, gist, pierres noires, géodes...
Cinquième et dernier arrêt : le Goubet, de son vrai nom, Goubet al-Kharâb, qui signifie "gouffre des démons". Ce lieu se situe tout au fond du golf d'Aden et on peut voir au milieu de cette eau bien bleue, 2 petits dômes : ce sont des volcans (autrefois sous-marin), l'un se nommant l'île du diable, et l'autre, la petite île du diable. De nombreuses légendes, sur lesquelles je reviendrai plus tard, confèrent à cet endroit une ambiance bien particulière.
C'est ici que nous avons choisi de nous restaurer avant de repartir vers Djibouti.
Le trajet du retour c'est fait sans encombres.
Pour finir, je n'ai qu'une seule chose à dire : on y retourne quand?
09:24 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
10.02.2008
Arrestation!
C'est durant la deuxième semaine de janvier 2008 que, pour la première fois, nous avons eu affaire à la gendarmerie.
Nous revenions tranquillement de faire nos courses dans un vacarme assourdissant (notre pot d'échappement avait rendu l'âme la veille), quand nous avons réussi à distinguer des sifflets qui visiblement provenaient d'agents de police.
Ce n'est surement qu'un contrôle de routine.....aie, non c'est pour le pot justement!
4000 FDJ (15 euros environ).
Nous avons alors demandé à aller au poste central pour régler l'amende. Nous ne savions, par contre, pas du tout quel poste était LE central.
Pas de problème! la police djiboutienne allait nous escorter jusqu'au lieu dit.
Nous voilà donc remontés dans notre tacot bruyant avant de nous garer à la place indiquée par les hommes en uniforme.
Seulement, le guidage ne s'arrêtait pas là...non!
Nous avons eu le droit à une explication sommaire des administrations entourant le commissariat ainsi qu'à une visite des locaux. On en demandait pas tant!
Arrivés au comptoir dédié au règlement des amendes, le gendarme nous explique que nous avons 24 ou 48H pour faire changer notre pot, délai après lequel nous seront de nouveau verbalisables si nous ne faisons pas les réparations nécessaires.
Je demande à me faire préciser si c'est 24 ou 48h car étant malade, j'ai besoin de la voiture pour aller chez le medecin...on ne sait jamais!
"Bon 72h"!
"Merci monsieur l'agent"!
Nous avons réglé notre amende et nous sommes partis.
Même si, au début, j'étais assez fâchée contre nous-même, cette histoire m'a détendue.
Quitte à payer une amende, autant que ça se passe comme ça! profitons-en!
10:36 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24.12.2007
Le noël des enfants
Dimanche 16 décembre 2007, sur la base aérienne de Djibouti, se déroule le Noël des enfants.
Cette manifestation a été organisée par le comité des fêtes dont je fais partie.
Ainsi, quoi de plus naturel que le Père Noël arrive du ciel?
"Quand on veut, on trouve toujours une solution. Quand on ne veut pas on trouve toujours une excuse". Nest-ce pas Cut?
Ok, le Père Noël tombera du ciel! et ce, en parachute.
Ainsi, à 16h15 pétante, cinq lutins ainsi que Papa Noël pouvaient être apperçus au dessus de nos têtes toutes voiles dehors!
Tous les enfants appelaient joyeusement le gros bonhomme rouge à barbe blanche pour qu'il arrive au plus vite. Cette année, il était noir. Pas de problème c'est le Père Noël djiboutien!
Il y a eu ensuite un goûter puis une distribution de cadeau. Ce fut vraiment un grand plaisir pour moi de remettre quelques présents aux petits (je me sentais être la copine du Père Noël!) même si bien évidemment il y a toujours certains parents ou enfants pour ne pas être contents! Comprenons-les, ces cadeaux sont gratuits et en plus tous les enfants de la terre en ont!!! il faut bien râler un petit peu face à toutes ces choses qui leur sont dues!
Bref, passons. Ce fut une journée qui, pour les grands comme pour les petits fut féérique! J'avais les larmes aux yeux de voir Le Papa Noël descendre du ciel avec ses jouets par milliers (ici c'était plutôt des bonbons par milliers!). Par contre, nous n'avons eu ni du froid, ni de la neige.
A Djibouti, le 16 décembre, nous avions encore une journée à plus de 30°C!
09:43 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
L'orphelinat de la Nativité
Fin novembre : je me fais accompagner à l'orphelinat de Djibouti, structure tenue par des soeurs.
Cet endroit est composé de quelques pièces : un bureau, une mini salle de soins, trois dortoirs et une sorte de terrasse qui sert de pièce principale. Environ 70 enfants y vivent à plein temps.
A notre arrivée, les enfants se sont précipités à notre rencontre. Ce fut déjà pour moi un réèl étonnement car lors d'un premier jour de stage effectué en crèche en France, aucun petit n'était venu me voir, tous se montrant plutôt craintifs.
Les tout jeunes djiboutiens se sont agripés à nos jambes et tendaient les bras vers le ciel pour qu'on les prenne dans nos bras. Une fois leur demande exocée, ils se maintenaient fort autour de notre cou (au cas où on aurait changé d'avis) et posaient leur tête sur notre épaule. J'avais, déjà à ce moment précis, ma dose d'amour pour la journée!
Puis, tout de suite, il a fallu se mettre dans le bain : prendre les enfants du dortoir pour les amener à la salle de soin. Une fois dans cet endroit, ils sont déshabillés, passés sous un coup de douchette et habillés de nouveau. Tout va très vite. On a un peu l'impression d'être dans une usine où la rentabilité est règle d'or. Au fur et à mesure que les enfants sont changés, les biberons des plus jeunes arrivent. C'est le repas du soir....il est 16h00 (?!?). Il faut faire vite car à 17h30 les enfants sont couchés pour la nuit (?!?!?).
Les bébés mangent puis c'est au tour des plus grands. Au menu, pour ces derniers : purée pomme de terre-carotte avec, en dessert, une bouillie de banane-tapioca. Ce repas est le même tous les jours. Là encore, la cadence est infernale.
Une fois les petits bidons bien remplis, les enfants sont reposés dans les parcs ou par terre, en fonction de leur âge.
Aucune activité est proposée. Puis, après que tout soit rangé, l'heure du coucher arrive.
Je suppose que le problème que j'ai rencontré ici, est valable un petit peu partout dans le monde. J'ai eu une impression de "déjà vu" même si je n'étais jamais allée dans ce type de structure. On retrouve un peu le même genre de situation en maison de retraite : manque de personnel donc de temps à accorder à chacun. Le rythme des enfants n'est pas ou peu respecté. Les activités sont absentes. Le manque d'affection est terriblement présent.
Je ne souhaite pas non plus blâmer le personnel. Il travaille tous les jours à l'orphelinat au milieu des cris des enfants. C'est surêment compréhensible que quelque fois il puisse perdre les pédales.
Je finirai cette note avec une citation de Victor Hugo, tirée de son ouvrage "les contemplations" :
Dieu! Pourquoi l'orphelin dans ses langes funèbres dit-il : "j'ai faim".
L'enfant n'est-ce pas un oiseau?
Pourquoi le nid a t-il ce qui manque au berceau?
21.11.2007
Le dispensaire du pk12
Balbala est une agglomération de Djibouti-ville où sont rassemblées les personnes les plus démunies de la région. On y compte 200 000 habitants qui vivent, pour la plus grande majorité, dans des cases "faites main", composées de bois, cartons et tissus. L'eau courante et l'électricité sont inéxistantes.
Pk12 (poteau kilométrique 12) est un quartier de Balbala où habitent 20 000 hommes et femmes qui sont, pour la plupart, d'origine étrangère (seulement 4% des personnes de ce quartier sont djiboutiens). Cet ensemble de cases situé plus en arrière, à l'abri des regards, fait encore plus délabré. Je ne pensais jamais que je puisse trouver différents degrés dans la pauvreté quand on est déjà dans un bidon-ville. Et pourtant... à pk12, les maisons sont assimilables à des poubelles. Les gens que l'on peut appercevoir dans la rue sont maigres. Les enfants ne sont pas à l'école...
Ce sont les premières choses que j'ai pu observer quand, ce 20 novembre 2007, j'ai eu la possibilité d'aller jusqu'au dispensaire du pk12. Nous étions encadrés par un médecin et par un infirmier de l'hôpital de Balbala qui nous ont guidés et qui ont assurés notre sécurité (ce sont des quartiers formellement interdits aux expats car les habitants peuvent se montrer hostiles et il y a souvent des fusillades). Certaines personnes trouveront peut être étonnant que ces "visites" soient organisées : tout d'abord, ca permet une sensibilisation. Sans sensibilisation, il n'y a pas de mobilisation. Ensuite, notre venue permet de faire des dons. Ceci permet d'aider le dispensaire pour qu'il puisse continuer à offrir des soins à la population.
Dès notre arrivée, des dizaines d'enfants se sont agglutinés autour de nous, l'air étonné, comme si nous venions de la planète Mars.
Nous sommes ensuite rentrés dans le dispensaire : il y a une pièce qui sert pour les consulations, une salle d'accouchement, une salle dans laquelle un infirmier assure les soins dentaires, un poste de vaccination avec une grande salle d'attente dans laquelle est diffusé en boucle un spot sur la prévention du choléra, une pharmacie et une sorte de salle de soins dans laquelle sont disposés deux lits.
Nous nous sommes rendus ensuite au centre pour enfants dénutris. "Centre" est un bien grand mot puisque cet endroit est composé d'une pièce de 5 mètre carré seulement : la cuisine (c'est un lieu non carrelé dans lequel il y a simplement 2 feux à gaz installés au sol). Les femmes avec leurs enfants sont assis par terre. C'est un moment qui a été assez difficile,vu les conditions de santé des bébés, que j'ai choisi de ne pas détailler ici.
A Balbala, 1 enfant sur 3 n'atteint pas l'âge de 3 ans.
Il y a en ce moment une épidémie importante de choléra due à la contamination de leurs réserves d'eau. On dénombre 20 morts simplement au dispensaire du pk12 (sachant que la majorité des gens meurent chez eux).
Le financement de ces deux structures se fait uniquement grâce aux dons et aux aides internationnales. Par exemple, le centre pour enfants dénutris fonctionne grâce au P.A.M. (Programme d'Alimentation Mondial) qui envoie des sacs de farine enrichie.
J'aimerai également revenir sur l'accès aux soins : En théorie, tous les habitants du pk12 peuvent se faire soigner au dispensaire. En pratique, peu de gens y vont. Il y a deux explications à ce problème : Premièrement, la place de la médecine traditionnelle est encore très importante. Nous avons pu voir un enfant déshydraté portant 4 petites blessures autour du nombril. Souffrant probablement de diarrhées et de spasmes intestinaux, le guérisseur lui a brûlé a 4 reprises le ventre pour lui enlever le mal par le feu. Deuxièmement, les femmes ayant souvent un nombre d'enfants considérable, il leur est impossible de se rendre au dispensaire et de laisser leurs progénitures. Par exemple, au centre pour enfants dénutris, la mère, si elle accepte de suivre le programme, doit s'y rendre tous les matins pendant 40 jours minimum. Cela reste difficile pour la plupart des mères qui bien souvent ont des enfants d'à peine 1 an de différence.
Il faut aussi bien comprendre que les femmes conçoient la vie des enfants de manière différente à la notre. Vu le taux de mortalité infantile important qui touche Balbala, on considère que tous les couples de 40 ans ont perdu au moins un enfant. Ainsi, je crois que leur peine reste la même que nous face à la perte d'un enfant, cependant, l'épreuve du deuil est peut être moins dure à surmonter tant ils y sont malheureusement régulièrement confrontés. Ils ont probablement appris à développer des moyens de défense leur permetant de survivre.
L'équipe médicale du dispensaire fait également de la prévention. Malheureusement, faute de temps et de moyens, les campagnes ne se déroulent que durant les épidémies, ce qui rend le dispositif bien moins efficace que s'il était fait en amont.
Voilà les quelques points que nous avons pu aborder avec les personnes du dispensaire, lors de notre venue.
Encore une fois, je suis rentrée chez moi avec un sentiment amer, tout en me disant que nous avions énormément de chance de vivre comme nous le faisons et avec tous les moyens que nous avons.
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20.11.2007
Djibouti vu du ciel!
Lors de la journée porte-ouverte de la base aérienne 188, le 15 novembre 2007, les familles de militaires ont été conviées, si elles le souhaitaient, à effectuer un vol en Puma ou en Transal.
Je suis donc montée dans un Puma qui est une sorte de gros hélicoptère perché sur des roulettes. Ainsi, le décollage se fait en roulant et non de manière verticale comme pour les autres hélicos. L'avantage d'être dans ce type d'avion c'est que les portes restent ouvertes, les sensations se retrouvant décuplées.
La vue aérienne offre un spectacle inouï et insoupsonné.
On s'apperçoit ainsi que Djibouti n'est pas si aride qu'il n'y parait : il y a des potagers, des espaces verts, la pelouse du stade est aussi verte que si elle avait poussé en pleine forêt équatoriale...
On découvre également que la mer est bleue claire et parsemée de coraux, et ce à quelques mètres du bord seulement, alors que, vu de la terre, on a l'impression qu'elle est boueuse.
On peut profiter de la fraîcheur de l'air, bien plus agréable en altitude que sur la terre ferme.
Et puis...il y a cette impression d'immensité et de liberté qui est difficilement descriptible. En l'air, tout devient beau, incroyable, incomparable!
Voilà encore une expérience qui m'a été offerte et que je n'aurais peut être pas l'occasion de renouveler. A 27ans, je peux dire que j'ai déjà vécu des choses formidables.
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Sur la route d'Arta
Ah! ça faisait longtemps que nous nous étions pas prévu une petite sortie en dehors de la ville car Renaud était souvent de permanence les week-ends précédents.
Jeudi 1er novembre 2007, c'est décidé, nous partons de nouveau voir les beaux poissons à Arta-plage, surtout que nous sommes accompagnés de novices ne s'étant jamais extasiés devant une telle merveille!
Trois voitures sont au départ. Tout a été prévu pour que le trajet se passe bien, 2 d'entre elles étant passées au garage la veille.
Tout est également prévu pour que nous passions la journée la plus formidable qui soit : maillots de bain, masques tubas, palmes, brochettes et salades fraîches pour le midi, filet anti-chaleur...bref, la panoplie complète du nomado's man!
Comme à l'accoutumé, les voitures se suivent au milieu de ce paysage si impressionnant par sa grandeur.
Nous étions bien installé à l'arrière de la première voiture quand son chauffeur, Freddy, nous dis : "il n'y a plus personne derrière nous!". Demi tour. Notre cortège était arrêté sur le bord de la route, une des voitures ayant le capot relevé....ça commence mal!
Une durite a rendue l'âme. Nous avions quand même roulés durant une demie heure et on se demandait comment nous allions faire pour être dépanné. Pas de problème!! Dominique avait la solution et en quelques coups de téléphone l'affaire était réglée....ou presque! On a fait venir une connaissance djiboutienne. Le problème est qu'ici, soit ils roulent à une vitesse à en faire palir les conducteurs de F1, soit ils n'avancent guère plus vite qu'une tortue. Et ce monsieur, avec toute sa bonne volonté roulait comme une tortue...
Nous sommes partis de Djibouti à 9h00. A 11h30, la durite était changée et nous pouvions enfin repartir.
On passe Wéah et on tourne à droite pour empreinter la piste nous menant à Arta... Une de nos voitures s'immobilise (une autre qui tout comme la précédente était passée chez le garagiste!) : problème d'embrayage, la voiture patine. En même temps que nous nous demandions comment nous allions faire, la voiture à la durite qui lâche perd de l'eau du bloc moteur. Nous avions toutes les réponses à nos questions : il allait falloir demander à être secouru par l'armée.
Dominique ne s'avouant pas vaincu, il a décidé de ramener sa voiture (celle qui patinait) à Djibouti. Il a donc pris quelques hommes dans son carosse s'il fallait pousser. Les autres sont restés sur place.
Voilà donc une attente interminable qui commence.
12h30 : personne ne nous vient en aide mais ils arrivent!
13h00 : nous n'avons rien pour nous protéger du soleil, peu d'eau mais du rosé! (le filet et l'eau étant reparti avec la première voiture).
14h00 : personne en vue...si une femme djiboutienne qui se balade seule au milieu du désert !??!
15h00 : On a chaud, on a faim, on a soif, mais on rigole bien!
16h00 : de sympathiques dromadaires font leur apparition. On se fait également caillasser par un homme qui croit qu'on lui a volé son âme quand on l'a pris involontairement en photo (il était derrière les dromadaires).
16h30 : Des militaires en vue. Nous étions sauvés!!!!!!!!!!!
Nous sommes donc arrivés à Djibouti à 17h30. Nous avons enfin mangé et nous nous sommes réhydratés.
Finalement, se fut une très bonne journée où les fous rires ont été nombreux. Il a été simplement dommage pour moi que je souffre les deux jours suivants d'un coup de chaud.
Retenons donc une chose dans cette histoire : A djibouti, si tu veux que ta voiture fonctionne, ne va pas chez le garagiste.
09:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.11.2007
Mon Anniversaire 2007
Djibouti
Latitude : 11°33' N
Longitude : 43°09' E
Altitude : 13 m
relevé le dimanche 07 a 16:00 (heure locale) :
33°C
bien ensoleillé
Humidité relative : 56%
Direction du vent : E
Force du vent : 14 km/h
Lever du soleil : 05:56
Coucher du soleil : 17:54
variation : +0 mn
indice de confort :38°C
La lune : Dernier croissant
Voilà le temps qu'il y avait à Djibouti, le jour de mon anniversaire. Autant dire que ça change!!!
Je n'ai jamais eu l'habitude de le passer sous cette chaleur. A vrai dire, je n'avais pas trop l'impression que c'était le jour où je fêtais mes 27ans.
J'ai donc commencé cette journée par, comme à l'accoutumé, un cours de sport (abdo-fessier). Si tout le monde a bien suivi, Martine, qui anime cette activité est également ma voisine de pallier. Elle était donc au courant de mon petit secret, puisqu'elle et Dominique étaient invités le soir pour fêter l'évènement! Ainsi, de manière collective et enjouée, toutes les femmes venant remodeler leur popotin m'ont souhaité un bon anniversaire, Martine étant le chef d'orchestre! Bien qu'étant très intimidée, j'étais ravie d'une telle attention!
Le midi, Renaud rentre et me dit que nous sommes invités chez Martine et Dominique (toujours!) pour l'apéro. OK! en fin de compte, une surprise m'avait été organisée : Il y avait en plus des protagonistes ci-dessus, Jeanne, Freddy et Jeannot! De gros cadeaux et un délicieux couscous m'attendaient sagement.
Le soir, nous avons remis ça, à la maison cette fois-ci, pour terminer le couscous. Jusque là, tout allait bien....
Une fois nos hôtes rentrés chez eux, un étrange invité a fait son entrée : Mr criquet (ou Mme sauterelle, je ne sais pas trop bien) collé sur notre lampe. Cette bête devait avoisinner les 10cm. Enorme!! Je ne voulais pas l'écraser et même si Renaud avait insisté, j'aurais catégoriquement refusé rien que d'imaginer le bruit que ça peut faire quand on lui marche dessus. Donc voilà mon pauvre mari, à minuit, faisant la chasse à la grosse bébête! En plus, ça vole! Bref, il a réussi à la mettre sur un journal, puis il s'est enfermé dehors pour la faire passer par dessus le balcon. Tout est rentré dans l'ordre....jusqu'au moment où Run Mi s'est retourné et que j'ai apperçu l'insecte sur son épaule. Haut le coeur, limite le malaise...je me suis réfugiée hors de la pièce, l'enfermant de manière lache et indigne avec la bestiole, tout en lui criant que je restais avec lui par la pensée : "courage loulou!". Je maintenais la poignée de la porte en l'air de peur qui lui vienne également l'idée de s'enfuir dans ma direction avec l'animal sur le dos. Mais non, rien de tout ça. Il a géré et a réexpédié Mr Criquet d'où il venait. Super loulou!
Alors, mis a part cette dernière aventure, la journée de mon anniversaire était géniale. Je me suis sentie entourée, j'ai été gâté et tout le monde était réuni pour moi... ce n'est pas formidable?
11:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.10.2007
2ème sortie : l'île de Maskali
Jeanne avait envie de faire une sortie le week-end du 5 octobre 2007. Elle a donc fouillé dans tous ses prospectus qui, pour la majorité, vantent la beauté des paysages de telles ou telles expéditions. Elle s'arrêta sur un : Rayed propose de nombreuses visites et organise des sorties à la demande. Il allait donc être, avec sa femme, nos accompagnateurs pour la journée.
Le rendez-vous est pris : 8H30 au port, direction les îles, et plus particulièrement celle de Maskali (l'autre se nommant Musha). Ces deux morceaux de terre se situent dans le golf de Tadjoura, à 20 min de Djibouti-ville.
Nous étions à peu près à l'heure. Le bateau, lui, ne l'était pas! Après une petite heure d'attente, pendant laquelle j'ai pu me faire du soucis concernant ma résistance au mal de mer, nous avons pu enfin embarquer. Découvrant les paysages qui s'offraient à moi, je ne pensais plus aux nausées qui pouvaient potentiellement se faire ressentir. Je scrutais l'horizon dans le but d'apercevoir un aileron, signe prometteur d'un spectacle inoubliable donné par les dauphins. Malheureusement, ils ne devaient pas être disposés à nous offrir cela, aujourd'hui.
Le bateau continuait de fendre la mer en deux à vive allure. J'avais l'impression de voler plutôt que de naviguer.
Enfin, l'île était en vue! j'ai commencé à me pencher : l'eau devenait transparente. Nous pouvions voir les fonds marins alors que la profondeur était encore très importante. Nous nous rapprochions encore... on voyait parfaitement le sable, entourant les nombreux coraux qui peuplent cette mer. Nous faisions partis de cette étendue turquoise parsemée de formes plus foncées, comme si ces dernières étaient là pour nous rappeller que la vie était bien présente dans cette mer qui nous paraissait si irréelle!
Nous nous sommes avancés au plus près de la plage pour pouvoir débarquer glacières, filet anti-chaleur, équipements de plongé, et autre sacs nous servant à regrouper quelques affaires personnelles.
Ceci étant fait, nous avons, comme à l'habitude, arranger notre campement, avant d'enfiler les palmes, le masque et le tuba et d'aller faire trempette. Une différence était notable : aujourd'hui, c'est la femme de Rayed qui allait nous préparer à manger (je tire mon chapeau à cette dame qui nous a concocté un repas d'ogre alors, qu'elle même faisait le Ramadan). Nous avions donc rien à faire, à part profiter de notre journée.
La couleur de l'eau était remarquable. Le nombre de poissons vivant à cet endroit l'était un peu moins. Arf...on ne peut pas tout avoir! Nous nous sommes quand même extasiés devant les quelques animaux que nous avons vu et surtout devant le nombre important de bénitiers qui étaient présents. Ils sont très étonnants avec leurs "babines" bleues/violettes qui recouvrent l'entrée du coquillage!
Vers midi, nous sommes revenus sur la terre ferme : nous allions bientôt passer à table. Une multitude de plats nous attendait : il y avait même de la fatira, un plat somalien. Même en ayant les yeux plus gros que le ventre, nous nous doutions bien que nous ne pourrions pas tout avaler. Ce n'est pas grave, on se réunirait le soir même pour terminer tout ça!
Pour digérer, les femmes sont parties faire un volley dans l'eau pendant que les hommes se faisaient quelques passes à l'aide du ballon ovale (si présent en ce moment!). Une dernière petite observation marine pour tout le monde, et nous devions déjà repartir (les journées sont très courtes à Djibouti. En ce moment le soleil se couche à 17h55 ce qui contraint les "voyageurs" à partir tôt de l'endroit où ils sont car il faut revenir avant la nuit).
Une fois tout notre atiraille embarqué, nous nous sommes donc remis en route. Dans le bateau, j'avais une place privilgiée : étant à l'arrière, je pouvais voir tout le groupe. Des sourires d'extases pouvaient se lire sur tous les visages. Le soleil se faisait moins violent, la brise marine nous caressait le visage...un fort sentiment de plénitude et de bonheur nous envahissait...que c'était reposant! j'avais l'impression de voir un film au ralenti, dans lequel on peut entendre au loin des rires, où les regards sont complices tellement le plaisir est partagé.
Ce fut, encore, une journée inoubliable!
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